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11 août 2014

Réforme territoriale : quel avenir pour les citoyens

En lisant ce matin la page de Béziers de l'Hérault du Jour du 11 août traitant de la Réforme Territoriale engagée par le Gouvernement socialiste, mon petit déjeuner est mal passé !

L'auteur des articles et le « spécialiste » interrogé, prennent pour acquis le contenu gouvernemental de la Réforme territoriale : création de Métropoles, disparitions des départements, casse des communes, éloignement des administrés des lieux de décisions, tel n'est pas leur souci. Pour eux, l'essentiel c'est Béziers va-t-elle devenir Préfecture ? Cela me rappelle le site de lancement de fusées dans l'espace qui devait être créé à l'embouchure de l'Aude et non à Kourou ! Béziers Préfecture, ils ont ainsi trouvé la meilleure façon de faire rêver et d'oublier la triste réalité du contenu néfaste du projet gouvernemental.

J'ai mal avalé mais je ne suis pas étonné. Comme cela n'est pas indiqué, l'auteur des articles qui écrit sous le pseudonyme de Georges Henri est un membre du Parti Socialiste, ancien membre du cabinet de l'ancienne maire de Montpellier, Mme Mandroux et le « spécialiste de l'action publique locale » est aussi membre de la direction départementale du PS. C'est leur droit mais c'est plus honnête en le disant.

Non, la Réforme Territoriale, telle que présentée, ne passera pas comme une lettre à la poste ! Les élus communistes exigent un grand débat public et un référendum national. En effet les objectifs de cette réforme sont maintenant clairement affirmés. Le Président de la République s'est fixé pour but la disparition des communes. Il a déclaré « L'intercommunalité deviendra la structure de proximité et d'efficacité de l'action locale ». Il est envisagé la suppression à terme d'un échelon essentiel des institutions républicaines, le Conseil Général, appelé à être dans un premier temps vidé de ses compétences. C'est la mise en place du couple Métropole/Région. Il en résulterait un éloignement des élus des citoyens, un éloignement des préoccupations et des projets décidés démocratiquement. Il en résulterait une mise à mal de l'action publique. Celle-ci est d'autant plus efficace et réussie qu'il y a des assemblés élues, un contrôle et une initiative citoyenne et non des organismes étatiques.

En s'attaquant aux collectivités territoriales, à leur structure, à leur compétences, à leurs personnels, à leurs moyens financiers, le gouvernement bouleverse l'édifice républicain, non pour le rendre plus démocratique mais pour l'inscrire dans une construction fédéraliste -agglomérations, métropoles, régions- dans une Europe intégrée conforme maux exigences de la rentabilité financière.

La commune est le lieu par excellence du débat démocratique, de la citoyenneté, des expérimentations possibles de participation citoyenne, des modalités de gestion diverses selon les choix politiques fait par les populations. En quoi la réduction du nombre d'élus (la grande majorité n'est pas rémunérée) serait un progrès démocratique ? En quoi le fait de concentrer tous les pouvoirs en quelques mains serait-il une avancée ? En quoi les fusions-absorptions programmées amélioreraient-elles l'efficacité et la qualité des services ?

L'hypothétique et fumeux passage de Béziers au rang de Préfecture ne sert qu'à cacher le véritable débat qui doit s'instaurer à tous les niveaux.

 Béziers le 11 août 2014,

 Aimé COUQUET, Conseiller Municipal Communiste de Béziers et Conseiller de la communauté d'Agglomération.

 

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