Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

06 avril 2015

ROBERT MÉNARD : UN AN DE GESTION MUNICIPALE = UN AN DE LABORATOIRE DE L'EXTRÊME-DROITE

beziers,robert menard,front nationalRobert Ménard a su profiter du rejet des 19 ans de gestion de la ville par Raymond Couderc pour s'installer dans le fauteuil de maire. Il a réussi à capter une bonne partie de l'électorat de l'UMP ainsi que certains de ses cadres. Mais cela n'a pas suffit. Il s'est appuyé, tout en faisant en sorte d'apparaître en dehors des partis politiques traditionnels de droite et d'extrême droite, sur le Front National. Même s'il compte encore sur des nostalgiques de Vichy ou des tortionnaires de la guerre d'Algérie, il veut se révéler, tout en étant réactionnaire et nationaliste, comme un politicien plus classique : opportuniste et technocrate. Il essaye de faire disparaître les cranes rasés, les croix gammées et les amateurs de ratonades. C'est ainsi qu'il a pu s'installer dans les ors de la Mairie de Béziers. Là, une fois au pouvoir, il applique une politique rétrograde et xénophobe.

La liste de ses actions est longue, arrêtés de police, chasse aux sorcières, campagnes de communication, ses invités à qui il a libéré la parole...C'est édifiant. Pourtant, il ne dispose pas d'une armée de partisans prêts à sacrifier du temps et de l'argent à le soutenir. Par exemple, il est incapable d'avoir des assesseurs dans tous les bureaux de vote. Non, il s'appuie sur tous ceux qui ne comprennent pas ce qu'est devenue la France d'aujourd'hui. Ceux qui sont remplis de méfiance et de préjugés. Ceux qui se sentent bafoués et trahis. Ils se vengent de tous et de tout en glissant discrètement un bulletin dans l'urne. Parmi ses électeurs, il y a pour la plupart des « petits blancs » mais aussi, qui l'eût cru, des juifs, des arabes, des noirs. Il y a aussi des employés, des chômeurs qui souffrent d'un sentiment de relégation, des petits patrons néo-poujadistes et racistes. Toute l'action de Robert Ménard s'appuie sur la désagrégation du tissu social de la ville, de l'agonie des solidarités et de la montée de l'individualisme consumériste. En fait, peut-être ne le sait-il pas, il veut assurer la survie du capitalisme en lui donnant une vision national, autoritaire et antisociale, raciste, sexiste et homophobe. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'a lire les contenus des numéros du « Journal Municipal » dans lesquels de nombreux articles font références aux valeurs prétendument « naturelles » de la famille patriarcale et à une « identité ethnique ». Il n'y a qu' a analyser son premier budget de la ville pour s'apercevoir qu'il n'a pas d'autre recette que celle de l'austérité. La ville de Béziers est bien devenu le laboratoire de l'extrême droite en pleine réorganisation.

Aimé COUQUET, Conseiller municipal, Conseiller communautaire

 

Les commentaires sont fermés.