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03 octobre 2015

BÉZIERS : Débat autour d’un livre


 

Le livre ? Son titre en est « URSS vingt ans après ». Il est sous-titré « Retour de l’Ukraine en guerre ». Ce vendredi 2 octobre le cercle populaire Joseph Lazare recevait les deux auteures, Danielle Bleitrach et Marianne Dunlop, dans le cadre de la reprise de ses repas à thème. Une quarantaine de personnes ont participé aux échanges sur le sujet.

Présentée par Paul Barbazange l’auditoire a écouté un exposé introductif de Danielle Bleitrach. Elle a décrit une situation complexe et mouvante. La caractéristique essentielle du contexte étant un danger pour la paix et la fascisation de la société. On notera que le fascisme conduit immanquablement à un risque de guerre.

On assiste à quelque chose de grave dans l’escalade. Ce n’est plus l’envoi par une grande puissance d’un corps expéditionnaire contre un état qui n’a guère les moyens de se défendre mais l’affrontement possible avec des forces pourvues de l’arme nucléaire, en l’occurrence la Russie.

Les intérêts des pays capitalistes peuvent être divergents ce qui explique les alliances à géométrie variable qui apparaissent sur la scène. La nature réelle de ce qui est en cause, à savoir les problèmes économiques, peuvent être masqués provisoirement par des questions sans incidence majeure dont c’est précisément le rôle de brouiller les pistes. Il ne faut pas s’y tromper, quelles que soit leur religion, ceux qui ont le pouvoir ont comme raison fondamentale la recherche du profit. C’est sans doute dans ce registre qu’il faut situer le racisme, la xénophobie et l’islamophobie qui prennent racine en France et à Béziers en particulier avec la référence à la civilisation judéo-chrétienne ou à la race blanche dont seraient exclues les Maghrébins.

Tantôt DAESH est créé et soutenu, tantôt il est combattu au gré des fluctuations de la conjoncture. Le printemps arabe a fortement perturbé l’aide nécessaire pour régler le sort des Palestiniens. Ce qui prime c’est la défense du monde de la finance, qu’il soit chrétien, juif, musulman ou athée. On peut en juger par le jeu de l’Arabie Saoudite.

Un développement a été fait sur ce qui se passe en Russie. Les conférencières ont enquêté au plus près du terrain. Le passé de l’URSS est présent dans les esprits.. Le président Poutine est entouré de ce que l’on désigne par l’expression d’oligarques et qu’en France nous identifierions au milieu restreint et fermé de l’argent.

Poutine fait le rapprochement entre les 26 millions de morts soviétiques et les 6 millions de Juifs assassinés par les nazis. Ce n’est certainement pas le cas des dirigeants d’Israël dont les méthodes s’apparentent pourtant à celles dont les Juifs ont souffert.

Ce qui s’est passé dans le démantèlement de l’Union Soviétique a été décortiqué. Le rôle de la CIA a été mis en évidence même s’il faut parler du manque de démocratie dans la société socialiste. Un manque de débat politique dont il a été fait état au cours de la discussion avec l’analyse de ce qui a lieu au sein du PCF.

C’est dans le même esprit qu’il faut examiner ce qui s’est passé à Maïdan et en Ukraine avec les crimes commis à Sébastopol, la prise de contrôle de l’économie par le monde de la finance, la violence exercée sur le Donbass. C’est vrai aussi pour les pays baltes et des questions se posent pour la Chine où le pouvoir exercée par le capitalisme sur les travailleurs est patent.

C’était un débat riche, décrivant un puzzle d’une extraordinaire complexité dont il était difficile de rendre compte dans une synthèse simplifiée, ce dont le chroniqueur vous prie de l’excuser.

Naturellement les auteures ont dédicacé leur livre (19 € aux éditions Delga) avant de passer à table où était servie une macaronade qui avait l’air appétissante.

Jacques Cros

 

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