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20 novembre 2015

Pour les élus communistes et républicains de l'Hérault, la loi NOTRE s'applique « dans le dos des populations ». Ils réclament un référendum.

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« La loi NOTRe est appliquée dans le dos des populations. » François Liberti, président de l'Association des élus communistes et républicains de l'Hérault (Adecr), ne décolère pas. Avec ses collègues Aimé Couquet (Béziers), Jean-Pierre Pérez (Vendres), Jean-Louis Bonneric (Frontignan), ainsi que Nicolas Cossange de la section de Béziers du PCF, il a alerté la presse hier sur cette obligation de fusion des intercommunalités passée de 3 000 à 15 000 habitants.
Un nouveau schéma départemental a été présenté par le préfet qui oblige à des fusions importantes notamment dans le Bassin de Thau et le Montpelliérain*. Le Biterrois est pour l'heure à l'abri d'un grand bouleversement puisque seules quatre communes sont invitées à rejoindre l'agglomération de Béziers (Puissalicon, Coulobre, Valros et Montblanc).
Il n'empêche. « On a le sentiment que ça ne s'arrête jamais », déplore François Liberti qui voit dans ce processus « une atteinte au bloc communal ». « Plus on fusionne plus on éloigne le citoyen des lieux de décisions », insiste l'élu sétois.

Une posture politique pour Robert Ménard
Il s'indigne en outre de la toute puissance « dangereuse » donnée au préfet pour décider de ces fusions. Après le vote des communes (avant le 15 décembre), puis celui, en mars, de la commission départementale de coopération intercommunale (CDCI), le représentant de l'Etat aura le pouvoir de passer outre leur avis.

En outre, des élus avides de pouvoir proposent eux-mêmes des fusions allant au-delà des propositions du préfet. C'est le cas de Robert Ménard qui verrait bien une façon de prendre une stature plus régionale dans le regroupement des établissements intercommunaux de Béziers-Méditerranée, la Domitienne, Hérault-Méditerranée et Pays de Thongue (48 communes, 220 000 habitants). Là encore, il n'est nulle part question de consulter la population. Pas beaucoup plus d'en débattre. « Lors de la dernière séance du conseil municipal, j'ai demandé à Robert Ménard, d'avoir un débat sur le sujet. Il m'a répondu : on verra plus tard », rapporte Aimé Couquet qui voit d'un mauvais oeil un tel regroupement de l'ouest-biterrois qui se constituerait « contre Montpellier et contre Toulouse, quand on sait que ce sont les territoires riches qui bouffent les autres », une concurrence qui selon lui ne profiterait qu'aux multinationales. « Elles ont besoin des grands marchés de grandes collectivités, pas de ceux des petites communes. »

« Ce qui appauvrirait nos territoires », ajoute Jean-Pierre Pérez, puisque « le petit artisan ou la petite PME ne pourront pas emporter de grands marchés ». Mais tout cela « les élus ne s'en rendront compte qu'après la mise en application », soutient François Liberti.

Un référendum pour un grand débat populaire
C'est la raison de ce référendum d'initiative populaire que demande l'Adecr. C'est même, selon les élus communistes et citoyens, la Commission départementale de coopération intercommunale qui devrait proposer un référendum le jour de son vote. Ce serait l'occasion d'un grand débat populaire, l'occasion aussi de dire, explique François Liberti, « que nous demandons l'abrogation de la loi NOTRe. Car ce qu'une loi a fait, une autre peut le défaire. »
Il s'agit donc à la fois d'un combat de résistance et de pédagogie qui n'a rien à voir avec le repli sur soi. « Nous sommes pour l'intercommunalité librement consentie », rappelle François Liberti qui fut longtemps à la tête d'un Sivom et qui refuse « une intercommunalité contrainte qui donnerait la primauté aux communes les plus importantes dans une démarche de pression et de clientélisme ».

Annie Menras - journal LA MARSEILLAISE

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