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16 janvier 2016

UNE CERTAINE AUDACE

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Nous voulons parler de la tentative de Ménard de s’approprier Jean Moulin pour le mettre au service de son idéologie raciste, xénophobe et islamophobe. Ce n’est pas nouveau chez les nostalgériques de présenter les tenants du colonialisme, et les actes terroristes de l’OAS, comme s’inscrivant dans la… Résistance !

C’est énorme mais c’est ainsi. Le maire de Béziers avec plusieurs des dispositions qu’il prend, la dernière en date étant la création d’une milice, nous ramène à l’époque du régime de Vichy. Ce n’était à coup sûr pas le choix de Jean Moulin. A notre connaissance Jean Moulin représentait le général De Gaulle en France occupée. Ménard lui va se recueillir chaque 5 juillet devant une stèle qui porte en médaillon le portrait de Bastien-Thiry, organisateur de l’attentat du Petit Clamart contre le chef de l’Etat.

Jean Moulin a été l’unificateur des diverses composantes de la Résistance. Avec sa lecture de l’histoire, sa réécriture plutôt, le maire de Béziers divise les citoyens de la ville. Il y a d’un côté les bons, tendance judéo-chrétienne, et les autres, immigrés de longue ou de fraîche date, qui ont pratiquement tous les défauts ! On rappellera à M. Ménard qu’on comptait dans le maquis Bir Hakeim, qui a connu à Douch, sur le Caroux, le premier accrochage d’importance avec l’armée allemande, 19 nationalités. Mais peut-être qu’il n’est pas sensible à cette particularité ?

Jean Moulin a créé le Conseil National de la Résistance qui a posé les jalons de réformes sociales considérables réalisées à la Libération. Ce n’est certainement pas dans les idées du maire de Béziers qui se réclame de celles de l’extrême droite, fort semblables à celles de la droite classique et dans les faits à celles de la social-démocratie. Jean Moulin n’était pas un homme de droite, plutôt, et par filiation, d’obédience Radical socialiste avant son engagement dans la Résistance. Que serait-il devenu si la mort ne l’avait pas fauché à 44 ans le 17 juin 1943, victime de la barbarie nazie ? On ne saurait répondre, mais à coup sûr il n’aurait pas été un thuriféraire du Journal de Béziers de M. Ménard !


Jacques Cros

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