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07 février 2016

BÉZIERS - Après la COP 21

pcf beziers

Vendredi 5 février s'est tenu à Béziers la seconde des quatre conférences (débat publique) participant à la préparation du 37 ème congrès du PCF. En janvier le livre d'A Hayot : « Face au FN , la contre offensive » a été l'objet d'un examen fraternel et sévère, février vient de permettre une réflexion collective, animée par G. Le Puill sur la situation après la COP 21 (compte rendu analytique par J. Cros ci-dessous), le 4 mars nous permettra de recevoir B. Friot sur toutes les questions du devenir du travail et de sa sécurisation et le1er avril notre ami Ortiz sur les questions internationales et la mémoire communiste et républicaine en Espagne. Chacune de ces conférences fait l'objet d'un compte rendu adressé à la fédération de l'Hérault. Réunions de cellules et école de section compléteront ce programme.

Paul Barbazange

Après la COP 21

Le cercle populaire Joseph Lazare accueillait ce vendredi 5 février Gérard Le Puill, journaliste à L’Humanité, pour animer un débat sur les questions de l’écologie. Une cinquantaine de personnes y ont participé. Auteur de différents ouvrages, notamment « L’écologie peut encore sauver l’économie  », « Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et bien après » le conférencier a introduit la discussion par un rapport qu’il a situé dans la suite de la COP 21.

Pour Gérard Le Puill il y a eu volonté de la part de ses organisateurs de faire passer au premier plan les lois du marché, hypothéquant gravement la perspective de prendre en charge le problème majeur du réchauffement climatique. Il a développé les causes qui lui paraissent essentielles dans les dérèglements auxquels la planète est confrontée. Il a d’abord souligné les conséquences d’une augmentation prévisible de 3 °C de la moyenne des températures et souligné que 2015 a été l’année la plus chaude depuis que des relevés dans ce domaine sont effectués. Il a rendu responsable de cette situation la logique de la recherche du profit. Celle-ci amène à la concentration des industries et oblige les travailleurs à des déplacements quotidiens. La spécialisation des productions agricoles suivant les régions conduit à des transports importants qui sont nécessairement polluants.

Tout un chapitre a été consacré à l’énergie Deux aspects ont été l’objet d’une analyse, celui concernant l’amenuisement des réserves naturelles, celui des sources de production non polluante. A ce propos a été mis en exergue l’état des lieux qui ne permet pas de proposer n’importe quelle transition énergétique.

Le conférencier a ajouté à la responsabilité du système capitaliste la nécessité d’avoir d’autres conceptions au niveau de la consommation ou de la production agricole que celles qui nous régissent présentement. Il n’a pas craint d’évoquer une surconsommation qui entraîne la disparition des forêts cependant que le développement des villes conduit à la disparition des terres agricoles. Des méthodes biologiques peuvent être présentées comme une alternative aux cultures industrielles qui se sont mises en place. Le maraîchage de proximité en est un élément.

Les échanges qui ont suivi ont fait apparaître des interrogations. Les variations climatiques au cours de l’histoire de la Terre n’ont pas toujours été le fait de l’activité des hommes. La surconsommation ? Pas pour ceux qui sont au bas de l’échelle sociale ! Les transports ne pourraient-ils pas être moins polluants s’ils s’effectuaient par le rail plutôt que par la route ? Y a-t-il un risque de voir apparaître des réfugiés climatiques ? L’amenuisement des ressources naturelles n’est-elle pas aussi dramatique que le réchauffement climatique ? Un point d’actualité, celui des boues rouges rejetées à Marseille, a été l’objet d’échanges. Dans leur objectif de profit maximal, les entreprises ne font-elles pas le choix délibéré de négliger la qualité de l’environnement ? Le capitalisme n’est-il pas par nature source de désordres, l’illustration pouvant en être faite avec le transport du bois, coupé en Europe, jusqu’en Chine où on y fabrique des meubles qui reviennent ensuite chez nous ? La situation de pauvreté généralisée de couches de plus en plus larges de la population n’a-t-elle pas pour effet de contribuer à l’augmentation des nuisances de par l’incapacité à faire front ?

Gérard Le Puill a déclaré ne pas être hostile à la taxe carbone à condition que les dispositions soient prises au niveau européen et qu’elle serve vraiment à améliorer les choses, par exemple à isoler les logements de façon à restreindre les effets du chauffage.

C’était un repas à thème qui a alimenté la réflexion sur un point de l’ordre du jour qui figure au programme du 37ème congrès du parti communiste. Gérard Le Puill a dédicacé ses ouvrages avant que les convives passent à table pour déguster un tajine...

Jacques Cros

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