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31 mai 2017

BÉZIERS - Campagne contre la réforme du travail

code-du-travail.png COMMUNIQUÉ
 
Dans le cadre de la campagne nationale du Parti Communiste contre la réforme du code du travail, la section de Béziers du PCF organise un rassemblement le JEUDI 1ER JUIN 2017, à 12 heures sur les allées, au pied de la statue Paul Riquet. Les candidats du PCF-Front de Gauche seront présents avec le mot d’ordre : “L’été, ça n’est pas fait pour casser le code du travail ! Non aux ordonnances Macron”.

24 mars 2016

RÉAGISSONS ! NON A LA PRÉCARITÉ !

2016 tract31mars.jpg

29 février 2016

Adressée à Ministre du Travail, ... l Myriam El Khomri

a pétition " à diffuser contre la mise à mort du code du travail " qu'il faut signer ;

17 mars 2010

LES AUTO-ENTREPRENEURS (nouvelle forme d'exploitation)

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L’Université vient récemment d’organiser une rencontre entre étudiants et acteurs du tissu économique local. Il s’agissait de nous présenter le fameux statut d’ «auto-entrepreneur» que les enseignants nous vantent à tours de bras depuis le début de l’année, sans trop savoir de quoi il s’agit. Nos interlocuteurs sont quatre jeunes hommes dynamiques qui ont choisi de devenir patrons dans le but, selon eux, de ne plus subir la méfiance des employeurs à l’égard des spécialistes en nouvelles technologies. Etudiant moi-même dans une filière basée sur les nouvelles technologies, je décide de les écouter attentivement.

Ce statut, imaginé par Sarkozy comme l’éperon de la lutte contre le chômage, permet à n’importe quelle personne de créer une micro-entreprise pour déclarer soit une activité qui se fait traditionnellement au noir (ménages, cours de soutien, bricolage), soit une tâche spécialisée pour laquelle les entreprises ne recrutent que peu ou pas (technicien informatique, agence de maintenance des réseaux…). Ce statut n’est pas encore très utilisé en ce qui concerne les services aux personnes, car il est en concurrence avec les chèques emploi-service, mais il attire de plus en plus de professionnels des nouvelles technologies. La procédure est simplifiée : il suffit de se déclarer auto-entrepreneur via internet, et un mois après toutes les formalités sont accomplies. Les revenus de l’auto-entreprise se déclarent aussi par le net et les paiements des charges se font par virements automatiques tous les trimestres dès lors qu’apparaissent des rentrées de fonds.

Pour tout vous dire, ça m’a paru étrange. Je me suis demandé où était l’embrouille, et voici ce que j’ai découvert en fouinant un peu sur les sites de l’INSEE et sur les blogs de certains entrepreneurs :

Aujourd’hui on dénombre environ 270 000 auto-entrepreneurs. Le gouvernement et le MEDEF fanfaronnent autour d’un succès aussi rapide en seulement un an d’existence. Cependant à peine 59 000 d’entre eux déclarent une activité et seuls 47 500 un bénéfice… Pire, pour 70% des derniers cités le revenu mensuel moyen est de 775 euros nets, soit à peine plus qu’un demi SMIC. Ajoutons que l’adoption de ce statut fait perdre tous droits au chômage, et que si aucun chiffre d’affaire n’est réalisé dans les douze premiers mois, le statut d’auto-entrepreneur est perdu.

Ce statut est très prisé par les jeunes travailleurs du tertiaire, mais il faut dire aussi qu’ils n’ont pas souvent le choix. La crise a servi de prétexte à de nombreuses entreprises pour licencier massivement dans certains domaines, en particulier les NTIC (*) qui concentrent un grand nombre de jeunes, lesquels ont été incités à devenir auto-entrepreneurs, travaillant comme partenaires de leur ancien employeur. Evidemment ils ne peuvent plus prétendre à un salaire et ils sont livrés à l’exploitation patronale.

On voit comment cette invention est source d’une nouvelle précarité non seulement chez les jeunes, mais aussi pour les salariés plus âgés qui exercent des métiers spécialisés et dont les entreprises n’ont pas un besoin permanent. La fameuse flexibilité, qui était au cœur du dispositif CPE/CNE, refait son entrée par la petite porte après son rejet par l’action concertée des ouvriers, des salariés et des jeunes. Le «nouveau capitalisme» ou le « capitalisme humain », derniers en date des charlatanismes sarkoziens, ne suffisent plus à camoufler la permanence et même l’aggravation des processus d’exploitation par la destruction du contrat de travail, ultime protection des travailleurs. D’une manière insidieuse on parle d’émancipation à propos de ces auto-entrepreneurs, alors qu’ils restent exploités par le capital. Tant que les travailleurs ne possèderont pas les outils de production, on ne sortira pas de la logique capitaliste. Etre son «propre patron» n’est qu’une illusion, un énième artifice pour diluer l’exploitation et rendre les exploités responsables de leur précarité.

Je conclurai en donnant l’exemple d’un court métrage diffusé ce matin 21 janvier 2010 par une émission satirique. On y voit un jeune fier d’être un auto-entrepreneur, fier d’avoir pu prendre sa carte au MEDEF, fier d’être maintenant patron. Le tout prenait fin quand il commençait à faire la manche dans le métro, arguant que désormais les gens qui lui donnaient leur obole étaient devenus de fait ses collaborateurs. Cela résume bien le problème du statut d’auto-entrepreneur: on a beau donner l’impression qu’il s’agit d’une avancée importante en jouant sur le mythe du «self made man» (**), ce n’est qu’une atteinte de plus aux droits des travailleurs.

Nicolas Cossange, étudiant.

(*) NTIC : Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, très à la mode, mais personne ne peut vraiment le définir.

(**) Self made man : littéralement « l’homme qui s’est fait tout seul ». Symbole du rêve américain. Il y a encore des jeunes qui y croient. C’est un des piliers du capitalisme dit humain.

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